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Golden Retriever vs Black Cat : la vraie psychologie derrière la théorie couple préférée des réseaux sociaux

26 février 2026·10 min de lecture
Golden Retriever vs Black Cat : la vraie psychologie derrière la théorie couple préférée des réseaux sociaux
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Quelque part entre ton troisième scroll sur TikTok et ton café du matin devenu froid, quelqu’un a qualifié ton copain de « golden retriever boyfriend ». Ou peut-être que ta boucle WhatsApp a déjà décrété que tu étais la « black cat girlfriend » — celle qui arrive au brunch avec un quart d’heure de retard, lunettes de soleil sur le nez, dégageant une énergie très distincte de « je préférerais être chez moi ».

Tu as rigolé. Tu as partagé. Et puis, tout bas, tu t’es dit : attends, c’est vraiment moi ça ?

Le truc, c’est que — des centaines de millions de vues TikTok plus tard — ce n’est plus juste un mème. Il y a une raison pour laquelle cette métaphore animale en particulier a tenu bon là où des milliers d’autres ont disparu. Et la psychologie derrière tout ça est bien plus riche que « il est gentil et elle est mystérieuse ».

TL;DR : La théorie golden retriever/black cat recoupe de vrais cadres psychologiques — les styles d’attachement, le modèle des cinq facteurs (Big Five) et la théorie de la complémentarité. C’est devenu viral parce que les métaphores animales contournent nos défenses et transforment l’introspection en jeu. Ce n’est pas de la science. Mais ce n’est pas rien non plus.

C’est quoi, exactement, un golden retriever boyfriend ?

La personnalité golden retriever boyfriend, tu la repères au premier coup d’œil : imagine un mec genre Travis Kelce — le joueur star de football américain, accessoirement en couple avec Taylor Swift — à un concert de sa copine. Un enthousiasme sans fond. Zéro recul. Le genre de gars qui se présente à tes parents avant que tu aies eu le temps de le lui demander, et qui en plus adore ça.

Les golden retriever boyfriends sont fidèles, un peu gaffeurs sur les bords, émotionnellement transparents, et d’une tendresse presque agressive. Ils répondent aux messages dans la seconde — pas parce qu’ils suivent un manuel de séduction, mais parce que l’idée de faire attendre quelqu’un ne leur a littéralement jamais traversé l’esprit. Ils ont la disponibilité émotionnelle d’un Labrador qui vient d’entendre le mot « promenade ».

Le terme a commencé à circuler sur TikTok et Twitter vers 2021, d’abord appliqué à des personnages de fiction — Peeta Mellark, Steve Harrington, Jim Halpert des premières saisons de The Office. Puis les gens ont commencé à le reconnaître dans la vraie vie, et l’étiquette est restée.

Et le black cat ? Elle a fait son entrée.

Si le golden retriever est un livre ouvert, le black cat est un bouquin déniché dans une brocante, sans couverture, avec la moitié des pages dans une langue que tu ne parles pas.

L’énergie black cat, ça veut dire : indépendant·e, sélectivement affectueux·se, un brin mystérieux·se, et profondément allergique au small talk. Elle t’aime — elle ne va juste pas le crier devant tes potes à un barbecue. L’affection arrive à ses conditions, ce qui fait que les moments où elle s’ouvre vraiment donnent l’impression d’avoir apprivoisé un animal sauvage.

Et cassons le cliché genré tout de suite. Malgré l’obsession de TikTok pour le combo « golden retriever boyfriend / black cat girlfriend », ce sont des énergies de personnalité, pas des rôles assignés. Plein de mecs sont le black cat de leur couple, et plein de femmes sont le golden retriever qui n’arrête pas d’envoyer des mèmes à 7h du matin.

Pourquoi ton cerveau adore trier les gens dans des cases animales

OK, c’est un label rigolo. Mais pourquoi ce label-là ? Pourquoi les animaux ?

L’être humain utilise des métaphores animales pour décrire la personnalité depuis littéralement la nuit des temps. Traiter quelqu’un de « renard » ou de « serpent », ça existait bien avant la psychologie — de quelques millénaires. Le linguiste cognitiviste George Lakoff soutenait que la métaphore n’est pas un ornement — c’est notre façon de penser. On comprend les concepts abstraits (comme la personnalité) en les projetant sur des choses concrètes et familières (comme les animaux qui vivent à nos côtés depuis toujours).

Les métaphores animales fonctionnent particulièrement bien pour la personnalité parce qu’elles font passer de la complexité en douce, sans déclencher de résistance. Dis à quelqu’un « tu as un style d’attachement anxieux-préoccupé avec des tendances évitantes » et regarde ses yeux se vitrifier. Dis-lui « t’es un black cat » et il l’aura dans sa bio Instagram dans l’heure.

Les réseaux sociaux ont accéléré le phénomène de façon exponentielle. Toute l’économie de plateformes comme TikTok repose sur le contenu identitaire — étiquettes, types, catégories. « Tu es lequel ? » est la question la plus engageante de l’histoire d’internet. Le binôme golden retriever/black cat est tombé à l’intersection exacte de : relatable, partageable, et assez flou pour que presque tout le monde s’y reconnaisse.

La psychologie qui fait réellement tourner la machine

C’est là que ça devient intéressant. Sous le mème, il y a de vrais cadres théoriques qui portent l’ensemble.

La théorie de la complémentarité — proposée par le sociologue Robert Winch dans les années 1950 — suggère qu’on est attiré par des partenaires dont les traits complètent les nôtres. Pas « les contraires s’attirent » au sens hollywoodien, mais une idée plus nuancée : on gravite vers des personnes qui comblent des manques qu’on ressent sans toujours savoir les nommer. L’ouverture et la chaleur émotionnelle d’un golden retriever peuvent créer la sécurité dont un black cat a besoin pour réellement laisser quelqu’un entrer. L’ancrage et l’indépendance d’un black cat peuvent stabiliser un golden retriever qui, sinon, s’épuiserait à vouloir rendre tout le monde heureux.

La psychologue clinicienne Dr. Sanam Hafeez, dans un entretien avec Parade, a relié les points : l’énergie golden retriever correspond souvent à un attachement sécure — aisance avec la proximité, communication directe, constance émotionnelle. Et ça se tient. Les personnes à l’attachement sécure ne jouent pas de jeux, ne retiennent pas l’affection de manière calculée, ne disparaissent pas trois jours pour « créer du mystère ». Elles sont juste… là. De manière fiable. Avec enthousiasme. Comme un golden retriever qui t’accueille à la porte à chaque fois.

L’énergie black cat, de son côté, correspond davantage à ce que les psychologues appellent des tendances évitantes-dédaigneuses (ou dismissive-avoidant) — une préférence pour l’indépendance, un malaise face à trop de proximité trop vite, un instinct d’autorégulation plutôt que de corégulation. Mais — et c’est capital — tous les black cats ne sont pas évitants au sens clinique. Certaines personnes sont simplement introverties, indépendantes, ou lentes à accorder leur confiance. Le label black cat capture un spectre, pas un diagnostic.

Et puis il y a les Big Five. Les golden retrievers tendent vers des scores élevés en Extraversion et en Agréabilité — sociables, chaleureux, coopératifs. Les black cats penchent vers une Ouverture plus marquée (créatifs, non conventionnels) et parfois une Agréabilité plus basse (ce qui, en psychologie, ne veut pas dire « désagréable » — ça signifie moins enclin à privilégier l’harmonie sociale au détriment de l’authenticité personnelle). Le duo fonctionne parce que ces différences de traits créent une friction productive, pas destructrice. Tu défies l’autre sans l’annuler.

La recherche sur la complémentarité est mitigée — certaines études montrent que la similitude prédit mieux la satisfaction relationnelle que la différence. Mais ce que la dynamique golden retriever/black cat capture, ce n’est pas une opposition totale. C’est une complémentarité sélective : des énergies sociales différentes, mais des valeurs fondamentales partagées. Lui est bruyant en soirée et elle préférerait lire, mais tous les deux croient à la loyauté, l’honnêteté, et le fait de ne pas écrire à son ex.

Quand le golden retriever craque

Parlons du côté sombre, parce que TikTok ne le fera pas.

La personnalité golden retriever boyfriend a une face cachée dont personne ne parle. La disponibilité sans limites, l’envie de plaire, le mode par défaut « moi ça va, mais TOI ça va ? » — ça peut masquer quelque chose de moins adorable : le people-pleasing. Le fawning. Un schéma où tu abandonnes tes propres besoins de façon si réflexe que tu ne t’en rends même plus compte.

Les thérapeutes commencent à tirer la sonnette d’alarme. Le « golden retriever boyfriend » qui ne dit jamais non, qui absorbe les humeurs de sa partenaire comme une éponge, qui mesure sa valeur uniquement à son utilité pour l’autre — ça, ce n’est pas de l’attachement sécure. C’est une réponse de soumission déguisée en dévouement. Les travaux de Brené Brown sur la vulnérabilité sont éclairants ici : une disponibilité émotionnelle authentique nécessite des limites. Un golden retriever sans limites n’est pas en bonne santé émotionnelle — il est juste épuisé.

Et de l’autre côté : le black cat qui a « juste besoin d’espace » peut basculer dans le retrait émotionnel pur et simple. Il y a une vraie différence entre « je me ressource seul·e » et « je disparais quand les choses se corsent ». Le premier relève du self-care. Le second, de l’évitement. Si ton indépendance de black cat fait que ton ou ta partenaire ne sait jamais où il ou elle en est avec toi, le mystère cesse d’être attirant et commence à devenir épuisant.

La version la plus saine de cette dynamique, ce n’est pas « golden retriever + black cat ». C’est « golden retriever qui sait quand arrêter de donner + black cat qui sait quand laisser quelqu’un entrer ».

Au-delà du binôme : tu es probablement les deux

C’est là que TikTok simplifie à outrance et que la vraie vie devient intéressante.

La plupart des gens ne sont pas purement l’un ou l’autre. Tu peux très bien être un golden retriever au boulot — enthousiaste, collaboratif, toujours premier à te porter volontaire — et un black cat intégral en relation amoureuse, protégeant ton espace émotionnel comme s’il s’agissait d’un secret d’État. Le contexte compte. Le stress te fait basculer. La personne avec qui tu es change les facettes de toi qui se manifestent.

Certains ont proposé d’élargir le bestiaire : le Berger Allemand (loyal et protecteur mais structuré et respectueux des règles), le Labrador (comme un golden retriever mais avec encore moins de limites), le Siamois (exigeant mais férocement dévoué une fois qu’il t’a choisi). C’est ludique, mais tout ça pointe vers la même vérité : la personnalité est un spectre, pas un binôme.

Ce que le cadre golden retriever/black cat a de plus utile, ce n’est pas le label en soi — c’est la conversation qu’il lance. « Je suis plutôt black cat » est un point d’entrée bien plus accessible vers « j’ai besoin de plus de temps seul·e que toi, et ça ne veut pas dire que je t’aime moins » que n’importe quelle formulation psy du même propos.

Alors si cette petite métaphore animale un peu absurde t’aide, toi et ton ou ta partenaire, à parler de vos différences au lieu de vous disputer à leur sujet — franchement, c’est plus que ce que la plupart des cadres de personnalité délivrent. Explore d’autres quiz de personnalité → et découvre quels labels collent à l’énergie de ton couple.


Sources: - Levine, A. & Heller, R. (2010). Attached: The New Science of Adult Attachment and How It Can Help You Find — and Keep — Love. TarcherPerigee. - Lakoff, G. & Johnson, M. (1980). Metaphors We Live By. University of Chicago Press. - Winch, R.F. (1958). Mate Selection: A Study of Complementary Needs. Harper & Brothers.