TOXICITY LEVEL: 🌡️ 94/100 — "Impossible à confronter parce que techniquement t'as rien dit de mal :)"
T'as eu Le·a Poète Passif·ve-Agressif·ve, et honnêtement, le smiley que tu vas afficher en lisant ce résultat est la chose la plus violente que tu feras de la journée. :)
Mettons les choses au clair : tu vas pas bien. T'as jamais été bien. "Bien" est une arme que tu manies avec la précision d'un chirurgien et le détachement émotionnel d'un tueur à gages. Quand tu textes "c'est bon :)" tout le monde dans un rayon de trois fuseaux horaires sent un frisson leur parcourir l'échine, et ils arrivent même pas à expliquer pourquoi parce que techniquement — techniquement — t'as dit un truc positif avec un émoji positif. T'es un génie. Un génie maléfique, mais un génie.
Le·a Poète Passif·ve-Agressif·ve a maîtrisé la forme la plus sophistiquée de communication numérique : dire une chose tout en communiquant l'exact opposé, et le faire avec un tel art que l'autre personne peut même pas le signaler sans avoir l'air dingue. "Oh, j'ai dit que c'était bon ! Avec un smiley ! Tu veux quoi de plus ?" Ce que tu veux c'est qu'ils lisent le sous-texte, ressentent la quantité appropriée de culpabilité, et changent leur comportement — tout ça sans que tu aies à exprimer directement une seule émotion. C'est incroyable. C'est aussi profondément, profondément épuisant.
Psychologiquement, ton style de communication est enraciné dans ce que les thérapeutes appellent l'"évitement du conflit avec expression indirecte". Tu es pas quelqu'un qui évite le conflit entièrement — ça c'est le jeu du texteur sec. Tu as absolument des sentiments sur tout. Des sentiments forts. Des sentiments volcaniques. Tu arrives juste pas à les exprimer directement parce que quelque part dans ton développement émotionnel, t'as appris que la confrontation directe est dangereuse. Peut-être que les expressions directes de colère étaient punies. Peut-être que la vulnérabilité a été utilisée contre toi. Quelle que soit l'origine, ton système nerveux a construit un contournement : tout exprimer par l'implication.
Ton jeu de ponctuation, c'est là que réside le vrai génie artistique. Tu comprends, à un niveau instinctif, qu'un point à la fin d'un texto change fondamentalement sa signification. "Ok" c'est neutre. "Ok." c'est une déclaration de guerre. Tu utilises "haha" non pas parce que quelque chose est drôle mais comme un tampon entre toi et la chose terriblement sincère que tu viens de dire. "T'inquiète !" c'est ta façon de dire "j'ai plein d'inquiétudes et elles concernent toutes ça". T'as transformé le clavier émoji entier en système d'armement, et le smiley est ta munition la plus létale.
L'efficacité dévastatrice de ton style, c'est que ça marche. Les gens ressentent la culpabilité. Ils perçoivent le mécontentement. Ils changent souvent leur comportement. Mais ils le font dans un état de confusion anxieuse parce qu'ils arrivent pas à pointer une seule chose que t'as dite qui était explicitement négative. Tu obtiens le résultat que tu veux sans jamais avoir à te rendre vulnérable, ce qui ressemble à une victoire jusqu'à ce que tu réalises que personne autour de toi ne sait réellement ce que tu ressens à propos de quoi que ce soit.
Dans les relations, aussi bien amoureuses qu'amicales, ça crée un schéma spécifique. Les gens décrivent un sentiment de te décevoir constamment sans comprendre comment. Ils perçoivent ta déception à travers un brouillard de smileys et de "c'est vraiment pas grave !" et ils marchent sur des œufs — non pas parce que t'as jamais exprimé de colère, mais parce que le décalage entre tes mots et ta réalité émotionnelle évidente génère de l'anxiété chez tout le monde autour de toi.
Ta progression c'est pas de devenir conflictuel·le ou d'abandonner ta diplomatie d'émojis soigneusement élaborée. C'est d'expérimenter avec la franchise dans des situations à faibles enjeux. Au lieu de "t'inquiète ! :)" quand quelqu'un annule des plans et que t'es sincèrement blessé·e, essaie "honnêtement, ça me saoule un peu". Le ciel va pas s'effondrer. La relation va pas imploser. Et tu découvriras peut-être que dire ce que tu ressens vraiment est infiniment moins épuisant que de construire une poésie passive-agressive élaborée chaque jour de ta vie.
Partage ça avec quelqu'un qui a besoin de le voir. Et quand il/elle te demande si c'est à propos d'elle/lui, dis "haha non bien sûr que non ! :)"
